Au-delà des repères : réécrire sa réalité quand tout s'effondre
Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver devant vos plus grandes peurs et de perdre tous vos moyens ?
Je suis arrivée en Égypte, forte de 25 ans d’expérience en enseignement. Travailler avec des adolescents était un défi stimulant que j’avais apprivoisé avec les années : j’arrivais à rendre mes cours interactifs et à rejoindre la majorité de mes élèves, malgré les remous propres à cette période de transition vers la vie adulte. Avant de m’embarquer dans cette aventure en Égypte, j’avais longuement questionné le responsable du recrutement et contacté en privé une enseignante du campus Ouest sur place. Selon leurs dires, les classes étaient petites et les élèves pouvaient être parfois difficiles, mais ils demeuraient attachants. Le responsable m’assurait également que les ressources pédagogiques ne manquaient pas.
Au moment de signer, les affectations ont été réorganisées : on m’envoyait finalement au campus Est plutôt que Ouest. Malgré cela, je me sentais prête. J'avais annoncé mon départ à mon entourage et on m'assurait que les ressources matérielles et humaines seraient similaires. J’ai signé le cœur léger, fébrile et enthousiaste, habitée par la certitude intérieure que c’était là où je devais aller.
Quand la réalité vous met à l’épreuve
Pour bien saisir la portée de ce récit, il faut comprendre d'où je venais. Avant mon départ, j’enseignais dans une école privée exceptionnelle à Victoria, sur l’île de Vancouver. Enseigner là-bas était pratiquement le paradis : des élèves respectueux, motivés, et une communauté de collègues soudée par l’entraide et la bienveillance. Toutefois, malgré cette qualité de vie extraordinaire, je ressentais l’appel de l’aventure comme jamais auparavant.
Une fois en Égypte, le choc a été brutal. Et la terreur s’est imposée malgré moi.
Ma salle de classe, avec d’immenses fenêtres et située au rez-de-chaussée sur la plaza à ciel ouvert où poussait un arbre cherchant à rejoindre le soleil, semblait agréable au premier abord. Mais la réalité s'est avérée être aux antipodes de ce qu'on m'avait promis et l’expérience a tourné au cauchemar. Le matériel était inexistant : aucun document partagé, pas de manuels, un ordinateur défaillant, une connexion internet intermittente, des haut-parleurs qui fonctionnaient une fois sur deux et un projecteur si faible qu'il fallait fermer les lumières et tous les rideaux pour distinguer l'écran. Et le tableau blanc? Tellement taché qu’il était difficile d’y lire quoi que ce soit. Sans compter que je devais négocier chaque feuille blanche et chaque marqueur pour le tableau. En somme, on me fournissait de vieilles tables et chaises abimées. On était à l’opposé des promesses initiales.
Dans ce contexte de vide, le chaos régnait : des bagarres éclataient régulièrement dans ma classe ou sur la plaza. Je devais verrouiller ma porte et couvrir mes fenêtres de cartons pour empêcher d’autres élèves de venir crier et frapper aux vitres pendant leurs pauses. Les élèves, peu intéressés par le curriculum, se montraient souvent provocateurs, voire effrontés, cherchant constamment à faire dérailler les cours. Je ne savais jamais si un élève allait hurler, bousculer le mobilier ou tenter de sortir par une fenêtre, ou si quelqu’un viendrait brasser fortement la porte de ma classe de l’extérieur, créant un vacarme incroyable. Les problèmes de comportement et de violence étaient si graves et si fréquents que l’école avait fait installer des caméras dans toutes les salles de classe, dans les corridors et même dans l’entrée des toilettes. Les « élèves attachants » promis semblaient alors bien loin, invisibles derrière la tempête.
L’inutilité de la peur
Je le disais déjà durant la pandémie de Covid : la peur ne sert strictement à rien. Me retrouver dans ce contexte dysfonctionnel en a été la démonstration brutale. Cette situation a déclenché chez moi une anxiété paralysante : mon cerveau est devenu « blanc », vide. Plus aucune pensée ne traversait mon cerveau normalement hyperactif. J’ai perdu tous mes repères au point de ne plus savoir comment enseigner, ni comment fonctionner au quotidien.
L’insomnie est devenue ma compagne de nuit. Les nœuds dans mon estomac, dans mon dos et dans tout mon corps étaient si serrés qu'il m'était impossible de revenir au calme ou d'avaler de la nourriture. Je vomissais parfois le matin au lever, même l'estomac vide. Ma peau était en hypersensibilité constante, tous les poils de mon corps hérissés. Je pouvais sentir mon système nerveux en alerte extrême et mes reins qui sur-fonctionnaient. La tension était insoutenable. J’étais en constante hypervigilance et en mode survie.
Pour être honnête, la gestion du stress n’a jamais été ma force, pour preuve, les deux burn-out que j’ai fait au début de ma vingtaine et à la fin de ma trentaine. Avoir été capable de transformer ma perception du stress et de rester calme, j’aurais pu trouver des solutions, m’adapter. Puisque j’ai appris jeune à ne pas lâcher, qu’abandonner n’est pas une option, je n’arrivais tout simplement pas à agir sur mon état ni sur la situation dans laquelle je me trouvais.
Mais au-delà de cette résilience forcée, quelque chose de bien plus profond et important se passait : la même certitude m'habitait avec force : je n'en avais pas fini avec l'Égypte. Une partie de moi ressentait un BESOIN profond et irrésistible de reconnecter avec ce pays millénaire, son peuple, sa culture, son Nil, son désert, la Mer Rouge, ses pharaons mystiques, ses pyramides et ses temples majestueux. Je ne pouvais tout simplement pas quitter. Alors, j’ai fait le choix d’accepter mes peurs et de me tourner vers le peu de ressources à ma disposition : il était impossible que j’aie ressenti cet appel si fort pour me retrouver dans une impasse. Avec cette nouvelle attitude d’ouverture, un changement a commencé à s’opérer et j’ai graduellement repris confiance en moi.
Sofia et Eleonora : deux présences déterminantes
Les premières semaines d’école ont été traumatisantes. Je tentais de me gérer et de gérer la situation du mieux que je pouvais, mais je n’y arrivais pas. Incapable de développer mes cours, c’est Sofia, mon unique collègue du département de français, qui m’a sauvé la peau. Son enthousiasme et sa créativité étaient déstabilisants tout en étant rassurants puisqu’elle me montrait qu’il était possible d’aborder ce chaos avec une tout autre attitude, dans l’ouverture et le plaisir, comme un défi à relever.
Ce qui m’a touchée le plus, c’était son non-jugement et son acceptation totale de ce que je vivais. Je ne vous dis pas la honte et la culpabilité qui me dévoraient les entrailles. J’étais dans une vulnérabilité totale. Je suis encore infiniment reconnaissante pour son soutien et le matériel qu’elle a partagé avec moi. Sa générosité et son soutien me mettent encore les larmes aux yeux deux ans et demi plus tard. Sans elle, je ne sais pas ce que j’aurais fait.
Et puis, il y a eu une adolescente que je ne connaissais pas, Eleonora, dont le prénom signifie « lumière ». Sans me connaître, elle venait se réfugier dans ma classe pendant les pauses pour lire d’énormes romans ou discuter avec moi. Elle me témoignait une confiance qui m’étonnait et qui contrastait avec le manque de sécurité en moi. À travers elle, j’ai recommencé à remarquer les élèves pacifiques, discrets, qui veulent apprendre et qui sont exaspérés du comportement des autres. Dans le silence de ma classe, je me suis rappelée que les élèves comme elle méritaient que je sois la meilleure version de moi-même, la meilleure enseignante que je peux être, et pour cela, je ne devais pas laisser les circonstances ou mes peurs étouffer ce qu’il y avait de beau et de bon en moi. J’étais heureuse lorsqu’Eleonora s’est retrouvée dans ma classe pour le deuxième semestre de janvier à juin.
Au fil des semaines, inspirée par Sofia et Eleonora, j’ai fini par apprivoiser mon nouvel environnement et mes élèves. L’anxiété a décru et mes ressources intellectuelles et émotionnelles ont repris leurs droits. J’ai retrouvé du plaisir à créer mon matériel et j’ai gagné davantage de respect de mes élèves. Contre toute attente, j'ai persisté là où tant d'autres sont partis : le bonheur que je partageais avec mes amis en dehors de l’école et la vie de rêves que je vivais à visiter ce magnifique pays n’étaient pas étrangers à ma détermination pour rester.
De la réaction à la paix intérieure avec PSYCH-K®
Avec le recul, je vois comment cette expérience a mis en lumière des peurs intenses qui dormaient en moi. Leur utilité ? Nulle. Elles ne m'ont pas protégée, ni aidée à y voir clair, elles m'ont seulement nui, et ce, dans toutes les sphères de ma vie. Heureusement que j’avais ma communauté avec qui je vivais un immense bonheur, une équipe de discipline efficace et des élèves auxquels je m’attachais de plus en plus. Mais cette expérience professionnelle a marqué le début d’une remise en question profonde de ma manière de gérer le stress et la peur. C’est en me formant à l’approche PSYCH-K® en 2025 que j’ai enfin découvert des outils d’une efficacité inégalée pour moi.
Aujourd’hui, mon approche est radicalement différente. Chaque fois que je réagis négativement à une situation, j’utilise les protocoles PSYCH-K®. C’est l’outil le plus efficace de ma boîte. En quelques minutes, je sens le stress descendre et je vois la situation avec paix et détachement. Lorsque j’identifie les croyances limitantes qui génèrent mes réactions, cette approche me permet de les remplacer par des croyances qui me redonnent mon pouvoir et sont alignées avec la vie que je souhaite. Et soudain, des solutions surgissent, ou encore la situation ne m’affecte tout simplement plus. Ça ne règle pas tout, mais je me sens apte à vivre les aléas de la vie avec beaucoup plus de sérénité et d’alignement. Peu à peu, je réécris ma réalité de façon permanente. L'anxiété est de plus en plus rare, car je transforme mes insécurités en confiance.
Je ne peux plus revenir en arrière : j’ai profondément changé et je ne suis plus cette personne constamment habitée par l’anxiété et les insécurités sociales et professionnelles. Je suis toujours aventurière, mais sans le mal-être qui m’habitait quasiment en permanence. Mon aventure se poursuit à l’étranger (Japon, Thaïlande…). L’anxiété sociale a disparu. J’adore la nouvelle « moi », plus solide et encore plus libre qu’avant, et j'ai hâte de vous accompagner pour que vous puissiez, vous aussi, retrouver cette liberté et cette paix intérieures.
Et vous, avez-vous déjà choisi de rester dans une situation difficile par pure conviction intérieure, même quand votre anxiété vous soufflait de fuir ? Quelle est cette peur ou cette insécurité qui, si elle était transformée en confiance aujourd'hui, changerait radicalement votre quotidien ?
J'ai hâte de lire vos partages dans les commentaires!