L'extase au cœur du désert (partie 2) : De l'immensité du voyage à la paix intérieure
Que reste-t-il en nous lorsqu'on se déconnecte de tout pour s'immerger au cœur de l'immensité?
On imagine souvent le désert comme un grand vide, alors qu'il est un miroir d'une richesse infinie. Mon voyage dans le désert égyptien a été une parenthèse suspendue, remplie de magie, de rires, mais aussi de révélations sur la façon dont nos perceptions façonnent notre monde. Voici la suite de mon tout premier voyage dans le désert du Sahara.
Sous le vent et la pleine lune
À cet endroit qui semblait perdu au milieu de nulle part, les Bédouins ont fourni des sacs de couchage à chacun des 17 membres de notre groupe. Matthew m'a rejointe pour s'installer à côté de moi sur le sable dur, à l’écart des autres, entre les dunes et les deux gros rochers sculptés par le vent qui donnaient un air majestueux et mystique au site. La pleine lune était claire et quelques rares étoiles étaient visibles. C’était tellement beau que j’en étais émue. Quelle nuit magique! Mon cœur débordait de gratitude pour ce voyage hors de l’ordinaire, en si bonne compagnie et dans un lieu si idyllique. Mais la nuit nous réservait toute une surprise…
Vers 3h du matin, une tempête de sable nous a tirés du sommeil. Pas une de celles catastrophiques et meurtrières que l’on voit dans les films, mais plutôt un vent fort et constant, à l’horizontale, qui soulevait le sable et le faisait s’infiltrer dans nos narines, nos cheveux, nos oreilles, nos sacs de couchage… Étant étendus directement sur le sol, le sable nous envahissait de partout. Difficile d’ouvrir les yeux ou de parler. Le vent allait-il s’intensifier? Que savait-on vraiment du désert? Était-il capricieux?
Malgré mes questionnements, j’avais confiance que les Bédouins nous diraient s’il fallait se mettre à l’abri. Et puis, à quoi m’aurait-il servi de m’inquiéter? Cela n’aurait pas calmé la tempête. Le mieux à faire était de lâcher prise, de faire confiance à l’expérience de nos guides et de faire confiance au fait que tout irait bien.
En me redressant, j’ai constaté le chaos au campement : le vent avait jeté au sol les tentes installées par les Bédouins. Nos chauffeurs et cuisiniers déplaçaient les 4x4 pour les utiliser comme boucliers contre le vent et tentaient de réinstaller les abris de leur mieux pour permettre au plus grand nombre de venir se mettre à l’abri, ce que nous avons fait. La nuit a été courte. Serrés les uns contre les autres sous un petit chapiteau et deux « murs » en toile de plastique installés avec les moyens à disposition, nous avons peu dormi.
Au lever, du sable partout : cheveux, oreilles, nez, vêtements… et aucune douche accessible, évidemment. Même la petite tente-toilette s’était effondrée! Avec des lingettes humides, on s’est nettoyés du mieux qu’on pouvait. Ça faisait partie de l’aventure! Après un déjeuner typique d’omelettes cuites sur le feu, de fèves fava, de pain baladi, de crêpes, de miel et de fromage, les traits tirés, nous avons plié bagage et repris notre trajet sans route. Tous étaient silencieux, épuisés par le trajet de la veille et la mauvaise nuit de sommeil. Et moi, je me sentais toujours comme dans un film, une aventurière désorientée au milieu d’un espace inconnu.
Au fond de l'ancien océan
Les deux jours suivants ont été tout aussi fascinants. Comme des enfants qui découvrent un nouveau jouet, nous sommes entrés presque à la course dans la caverne Djara, à Ain Khadra — un trou sans envergure dans le sol qui révélait un monde souterrain. En descendant dans son antre éclairé aux chandelles dans chaque coin, le décor avait quelque chose de solennel, de méditatif, d’apaisant. J’ai pris un moment pour visiter la salle souterraine, en silence, écoutant chaque écho, observant chaque ombre, chaque stalactite, respirant l’odeur de feu des chandelles mêlée à celle du sable chaud. Puis, allongés ou assis au fond de la caverne, nous avons partagé rires, confidences et jeux-questionnaires rigolos. Une merveilleuse façon de resserrer nos liens.
Cet après-midi-là, en chemin vers le Désert Blanc, le « dune bashing » faisait crier les plus peureux et rire tout le monde. C’était toujours aussi excitant et amusant. Il fallait vraiment offrir une confiance absolue à nos chauffeurs expérimentés, car l’impression que le véhicule allait se renverser en dévalant la dune était bien réelle.
Le Désert Blanc, quant à lui, frappait l’imaginaire. Dame Nature est vraiment la plus grande artiste qui soit! Un océan couvrait la région, jadis. Nous étions donc au fond de ce monde disparu où, avec l’évaporation de l’eau, le sel s’était accumulé et entassé au fond. Puis, le vent l’a sculpté par érosion en formes blanches variées, comme des drapés minéraux et d'étranges champignons de calcaire. Je pouvais ressentir l’énergie de l’eau tout autour de moi, et j’imaginais la faune et la flore aquatiques qui y avaient évolué à une époque révolue depuis longtemps. J’étais émue, encore une fois. Avec le soleil qui poursuivait sa course vers l’horizon lointain et couvrait le ciel d’un orangé flamboyant se reflétant sur les sculptures, je me disais que j’avais une chance inouïe. À la fois, je me rappelais qu’on fait sa chance! Par conséquent, j’étais heureuse des choix de vie qui m’avaient menée à ce moment de pur bonheur.
Ce soir-là, les Bédouins avaient à nouveau établi le campement dans un superbe lieu. En soirée, l’épuisement ayant gagné la majorité d’entre nous, le groupe s’est scindé en petits îlots tranquilles. Et là, j’ai ressenti une vague de solitude. Fatiguée, mon cerveau semblait être au neutre et je n’arrivais pas à participer aux conversations, alors je me suis isolée. Matthew est venu me rejoindre et me tenir compagnie. Il se sentait lui aussi dans un état similaire au mien. Ça m’a réconfortée, à ce moment où je me sentais vide, peu intéressante et désalignée. Nous avons eu une conversation riche sur nos états d’âme et autres sujets profonds.
Puis, l’énorme pleine lune dorée a commencé à se lever exactement au centre, entre deux géants de pierre. Tout le monde s’est tu, admirant la beauté de cet astre en ascension. J’avais le souffle coupé. Ce moment ne durerait que quelques minutes…
Le lendemain, après un spectaculaire lever de soleil sur l’immensité du désert millénaire et silencieux, la colline de cristal s’est elle aussi transformée en terrain de jeu. Tels des enfants, nous sommes partis en courant sur la colline et dans la vallée, les yeux émerveillés, le sourire aux lèvres. La chasse au cristal était lancée! Notre âme d’enfant s’en donnait à cœur joie. Comment décrire une telle expérience? C’était comme être dans un univers parallèle.
Une pierre au creux de la main
Puis est venue l'étape du Désert Noir. La fatigue me pesait de plus en plus. Je ressentais un besoin profond de m’isoler pour me réénergiser. Pendant qu'une partie du groupe entreprenait l’ascension de la montagne toute noire, j’en ai profité pour aller marcher seule dans l’immensité silencieuse, me connecter à son énergie, ressentir son éternité.
Les yeux fermés, j’ai ressenti toutes les tensions dans mon corps, et ce sentiment lancinant de déconnexion, cette impression d’être seule au milieu d’une foule. Je savais bien que ça venait de moi, de mes propres perceptions, et non des autres — comme si je me rejetais moi-même. Là, j’ai pleuré, les mains ouvertes, le cœur tout grand ouvert, et j’ai partagé mes états d’âme avec le désert qui m’a enveloppée de son amour. Une paix profonde s’est installée en moi. Lorsque j’ai ouvert les yeux, une pierre au sol a attiré mon attention. Je l’ai prise, ressentie, et mise dans ma poche. Elle me rappelait, chaque fois que je la touchais, que j’étais profondément aimée par quelque chose de bien plus grand.
C’était déjà le moment de rentrer. Mélange de tristesse et de soulagement. Le long chemin du retour a déroulé les étapes inverses du départ : bassins d’eau chaude naturelle, repas dans des oasis, et des heures de route en 4x4 puis en autobus.
De retour chez moi, heureuse de mon expérience, je me suis précipitée sous la douche. Je me suis endormie le soir, la tête remplie d’images et le cœur débordant de moments magiques, de confidences, de rires et de chants. Et j’ai compris que je n’étais plus la même. Une fois qu’on a vécu des moments si intenses dans le désert, c’est le désert qui continue de vivre en soi pour toujours. Dans les moments de tourmente, je pourrai toujours retrouver la sérénité et la paix ressenties là-bas. Je me rappellerai toujours ce sentiment d’être au fond de l’océan, même en l’absence d’eau. Et les liens tissés avec mes compagnons me rappelleront que, peu importe où je me trouve, je peux toujours créer des liens avec les belles âmes que je croise. Et mon cœur a retrouvé sa jeunesse et sa joie de vivre.
Ce qui continue de vivre en soi
Ce voyage m'a rappelé une vérité essentielle : nos perceptions teintent chacune de nos expériences. Dans le désert, j'ai pu observer à quel point une simple fatigue ou un filtre intérieur pouvait transformer mon ressenti du monde — me faire passer de la gratitude absolue au sentiment d'isolement, puis à la paix profonde une fois l'émotion accueillie.
C'est précisément le cœur de ce que j'accompagne aujourd'hui. Nous portons tous en nous des « tempêtes » intérieures ou des sentiments de déconnexion ancrés dans nos perceptions automatiques et nos croyances subconscientes. Tout comme ce désert conserve la mémoire et l'énergie de l'océan disparu, notre subconscient garde l'empreinte de nos expériences passées.
Avec une approche douce et respectueuse comme PSYCH-K®, il ne s'agit pas de lutter contre la tempête ou de se forcer à aller bien, mais de venir mettre à jour ces perceptions dans notre subconscient. Cela nous permet de retrouver, sans effort et naturellement, notre état d'équilibre intérieur, notre paix et cette joie d'enfant qui ne nous a, en réalité, jamais quittés.